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Pharmacienne en 2026 et croyante
Dimanche de la Santé – témoignage d’une pharmacienne
Mon exercice professionnel est étroitement lié à ma foi. Pour parler du métier de pharmacien, je m’appuie sur une prière qui m’a été remise à la fin d’une messe, l’année dernière, lors du Dimanche de la santé. En voici un extrait :
« Jésus Sauveur, gardien et médecin de ma vie, que je prenne soin de toi en ceux et celles qui sont malades ou isolés. »
Être pharmacien aujourd’hui, pour moi, c’est cela, c’est prendre soin. De chacun et chacune des personnes qui se présentent à moi, sans distinction. Il n’est pas seulement question de traitement, de médicaments, d’interactions ou de contre-indications. Il s’agit pour moi de savoir accueillir, écouter, rendre service. Il s’agit de savoir regarder l’autre, sans le juger, et de lui permettre de s’exprimer.
Être pharmacien demande également de savoir travailler en équipe. Mes collègues comptent sur moi pour les aider dans leur travail. Car le pharmacien est responsable d’équipe. Nous sommes responsables de chaque délivrance qu’il peut y avoir dans la journée. Quand il y a un problème, une question difficile sur un traitement, une prescription, les collègues viennent demander au pharmacien de trancher, de prendre la bonne décision. C’est à nous de trouver l’idée, le bon raisonnement pour résoudre le problème en question. Il arrive parfois que je ne sache pas quelle est la bonne décision à prendre. Dans de pareils moments, je demande l’aide du Seigneur ou d’un saint comme saint Joseph.
Et la solution ne se fait pas attendre bien longtemps…
J’ai moi aussi besoin de mes collègues pour des questions que je me pose sur un dossier, une facturation, une commande, un médicament. Car chaque membre de l’équipe, qu’il soit pharmacien, préparateur, réceptionniste, ou conseillère en dermo-cosmétique, a des connaissances que je n’ai pas forcément, dans un domaine ou dans un autre. Et j’ai besoin de chacun d’eux, chacune d’elles pour bien faire mon travail.
Je dirai donc que mon travail est surtout basé sur la relation à l’autre, l’attention et l’écoute. Il arrive parfois que certaines rencontres, certains échanges se passent « mal ». Cela me touche parfois durement. Parce que je peux être blessée par une parole, une remarque, une attitude. C’est alors que je me sens toute petite et que j’aimerai bien que l’on « m’oublie » un peu. Alors il me vient à l’esprit des paroles de la Bible : « le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. » (1 Samuel 2, 7) ; « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » (Psaume 26, 1) ; « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. » (Psaume 22, 4).
Toutes ces paroles me réconfortent et me permettent doucement de me relever…
Mais par-dessus tout, j’ai remarqué que tant que je n’ai pas réussi à pardonner la personne à l’origine de mon mal-être, celui-ci reste là, au fond de moi.
Ce n’est que lorsque je parviens à pardonner, que le malaise s’estompe…
Ce que j’aime le plus dans ce métier ?
J’aime connaître les molécules, les interactions, les contre-indications… J’aime connaître les pathologies. J’aime comprendre les bilans sanguins. Et manier tout ça dans mon quotidien de pharmacienne.
J’aime expliquer, transmettre, conseiller.
J’aime aussi la complicité avec mes collègues, le travail en « équipe » avec les autres professionnels de santé : les médecins, les infirmiers…
J’aime la relation de confiance avec les patients.
Ce qui est difficile pour moi en 2026…
Le projet de loi sur la fin de vie, dans lequel le pharmacien sera impliqué (une clause de conscience vient d’être proposée ce 7 janvier 2026).
Je terminerai avec cette prière :
« Au souffle de l’esprit, je veux te reconnaître dans mes frères et sœurs souffrants et leur manifester ta bonté, ta Parole réconfortante.
Tu me dis d’avancer au large et j’ai confiance.
Envoie-moi. »
(Prière pour le Dimanche de la Santé 2025 – Carole Monmarché)
Par CP, pharmacienne