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Mardi 30 juin : fin de mission à l’économat
Avant de vous quitter, je voudrais simplement vous dire merci.
Treize années… Lorsque je suis revenu dans mon diocèse d’Aire et Dax, en 2013, je n’imaginais pas tout ce que j’allais vivre ici. Je venais exercer une fonction d’économe, mais très vite j’ai compris que cette mission ne se résumerait jamais à des comptes, des budgets ou des bâtiments. Elle serait avant tout une aventure humaine et spirituelle.
Je suis arrivé quand toutes les étoiles se sont alignées. Un souhait de ma part de changer d’entreprise, un poste d’économe qui se libère, un poste d’enseignante qui se libère en science économique et sociale pour mon épouse, et surtout un coup de fil d’un ami qui m’informe du poste. Merci Denis (Cazaux). Je t’en suis profondément reconnaissant.
Je garde également un souvenir très chaleureux de mon arrivée, de l’accueil de l’abbé Régner, de Monseigneur Gaschignard, ainsi que de ma prédécesseure Maryse Poulitou, qui continue, treize ans après, à m’envoyer chaque année une carte de vœux. Ce geste de fidélité m’a toujours beaucoup touché.
Je n’oublie pas non plus Monsieur et Madame Malfroy qui, alors que nous ne nous connaissions absolument pas, m’ont invité à leur table dès mon arrivée. Ce geste de confiance et de fraternité restera gravé dans ma mémoire.
En treize ans, une équipe entière s’est renouvelée.
Isabelle Dumas a succédé à Nicole Susanne.
Marine a succédé à sa maman Nicole Souharce.
Valérie Bonnichon a succédé à Marie-Pierre Bonnehon.
Frédéric Navarre a succédé à Olivier Bareyre, qui avait lui-même succédé à François Decla.
Adriana a succédé à Romulus, qui avait succédé à Camille Perez, elle-même arrivée après Christine Lahargou.
Tous ceux que j’avais trouvés en arrivant sont aujourd’hui partis profiter d’une retraite largement méritée après de très longues années au service de notre diocèse. Je voudrais leur rendre hommage. Ils m’ont beaucoup appris.
À l’équipe actuelle, je veux dire combien j’ai apprécié de travailler avec vous. Nous avons partagé des réussites, des inquiétudes, parfois des moments difficiles, mais toujours avec le souci de servir ensemble l’Église.
Durant ces treize années, j’ai eu la chance de rencontrer un nombre incroyable de personnes.
Des prêtres, des diacres, des bénévoles, des comptables, des trésoriers paroissiaux, des élus locaux, des responsables associatifs, des communautés religieuses qui m’ont porté par leur prière, des collaborateurs de l’enseignement catholique, des entrepreneurs, des artisans, des notaires, des avocats…
J’ai également rencontré et accompagné quelques testateurs. Certains souhaitaient ou souhaitent offrir une part de leur patrimoine avec beaucoup de sérénité ; d’autres m’ont ouvert leur intimité au milieu de grandes souffrances physiques ou morales. J’ai parfois eu le sentiment de recevoir bien davantage que ce que je pouvais leur apporter.
Cette mission au sein de l’économat nous a permis d’accompagner de très beaux projets : les 400 ans de Buglose, le Synode, le futur centre pastoral du Pays montois, l’installation du campus, la restructuration de la maison diocésaine Saint-Jean-Paul II, la rénovation complète du presbytère de Labastide-d’Armagnac, l’acquisition des nouvelles salles paroissiales de Doazit, l’accompagnement des résidents de la maison de retraite Saint-Jean vers l’EHPAD du Berceau et bien d’autres
Il y eut aussi des dossiers plus douloureux : la fermeture de l’EHPAD de Pomarez, la cessation d’activité de l’hôtellerie de l’Arrayade avec le licenciement des salariés, ou encore les difficultés rencontrées avec certaines associations qui trouvent leur origine dans la paroisse mais qui s’en sont beaucoup éloigné.
Ces moments-là nous rappellent que notre responsabilité ne consiste pas seulement à gérer des biens, mais à accompagner des personnes.
Je n’ai jamais exercé cette mission seul.
J’ai toujours pu compter sur Dieu d’abord,
J’ai pu compter sur mon équipe.
Sur les prêtres, qui ont grandement contribué à me faire devenir ce que je suis.
Sur les nombreux bénévoles en paroisse qui donnent un temps considérable au service de l’Église.
Sur les bénévoles qui ont accepté de rejoindre des commissions diocésaines : la commissions forêt, finances , Denier et immobilière, ainsi qu’au sein des conseils d’administration de l’AEIPL, de l’ALEC et de l’AGAPE.
Je remercie également les trois évêques avec lesquels j’ai eu la joie de travailler : Monseigneur Gaschignard, Monseigneur Charrier et Monseigneur Souchu. Chacun, avec sa personnalité, m’a fait confiance et m’a beaucoup apporté.
Je pense aussi aux équipes de l’enseignement catholique, présentes aujourd’hui, autour de Monsieur Ortolo, avec lesquelles nous avons partagé de nombreux projets.
Je garderai également le souvenir de longues conversations qui ont nourri ma réflexion et parfois ma foi : avec l’abbé Régner, avec l’abbé Lartigue, avec l’abbé Passicos.
Mais ces treize années m’ont aussi appris la fragilité humaine.
J’ai souffert en voyant certains prêtres être presque oubliés de leurs anciens paroissiens dès leur entrée en maison de retraite, des prêtres isolés en souffrance, l’incompréhension entre salariés, des remarques désobligeantes entre confrères ordonnés. Je ne m’y suis jamais habitué même si j’avais été prévenu lors de mon recrutement qu’en devenant économe, je découvrirai l’envers du décor, la face cachée de l’Eglise.
Au fond, plusieurs fils rouges ont traversé ces treize années.
L’amitié fidèle de Denis Cazaux.
Le soutien indéfectible de mon épouse et de mes enfants, sans lesquels je n’aurais jamais pu exercer cette mission avec autant de disponibilité.
Et surtout ce désir qui m’habite depuis longtemps : servir Dieu en servant tous les frères qu’il met sur mon chemin.
Ce Mardi, cette mission s’achève.
Une nouvelle page s’ouvre. Je ne sais pas encore quel sera mon avenir professionnel.
Mais je pars avec une immense richesse : celle de toutes les rencontres que ce diocèse m’a offertes.
Je souhaite continuer ce qui me rend profondément heureux : rencontrer des personnes, partager mon expérience tout en recevant la leur, parler de Dieu lorsque cela devient possible, accompagner ceux qui le souhaitent vers le baptême ou le mariage, et continuer, d’une manière ou d’une autre, à servir.
Treize ans, c’est une belle histoire.
Ce n’est pas une fin.
C’est une étape.
L’Économat va poursuivre sa route avec une équipe solide professionnellement et surtout humainement. C’est une de mes fiertés de confier à mon successeur une telle équipe sur laquelle il pourra s’appuyer fermement.
Je terminerai simplement par un immense merci.
Merci à chacun de vous.
Merci pour votre confiance.
Merci pour votre amitié.
Merci pour tout ce que vous m’avez appris.
Et que Dieu bénisse chacun d’entre vous, vos familles et notre diocèse.