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Retour sur le week-end dédié à la Journée internationale des migrants et réfugiés
Organisé par la mission de la Pastorale des Migrants du diocèse, trois événements forts ont marqué ces deux jours dédiés aux migrants et réfugiés, placés sous les signes de la prière, du cinéma, de la réflexion et de la rencontre.
1. Une célébration fervente à Tartas
En ouverture, une quinzaine de migrants ont participé à la procession en arborant les drapeaux de leurs pays d’origine.
L’église était pleine d’autant que c’était également la journée du Caté-dimanche.
Notre évêque a su s’appuyer sur les textes du jour et sur le leitmotiv du film Tout va bien pour rappeler la mission de sollicitude du chrétien envers les personnes vulnérables. Grâce à une belle animation musicale, la communauté a pu confier au Seigneur sa compassion et ses engagements à venir. Des intentions en plusieurs langues et en fin de célébration, le témoignage d’Évelyne et de son association au service d’une famille arménienne de Tartas. La messe a été suivie d’échanges autour du verre de l’amitié, enrichi d’une pâtisserie irakienne préparée par Jeena.

2. Ciné-discussion à Dax : témoignages et engagements
Au cinéma Le Grand Club, que nous remercions chaleureusement pour son accueil, 69 personnes — dont notre évêque — se sont réunies autour de la projection du film Tout va bien, centré sur le parcours des mineurs non accompagnés (MNA).
Le film évoque avec pudeur la traversée périlleuse et les traumatismes du passé à travers des vagues d’eau tourbillonnantes et des flash lumineux, feux et signaux de détresse dans les bateaux qui sombrent mais qui célèbrent ensuite la joyeuse fête finale du film. Il mettait en lumière la formidable énergie de ces jeunes pour réussir et rassurer leurs familles restées au pays.
Puis Ousmane, ancien MNA, aujourd’hui chef d’entreprise dans le bâtiment à Dax, est venu témoigner de son parcours de formation jusqu’au bac Pro après bien des aléas, de sa joie de vivre en France, entouré de sa femme, de sa fille qui vient de naitre et de plusieurs de ses employés, et joie d’être parmi nous ce soir.
La soirée s’est ensuite enrichie de témoignages poignants et de réflexions incarnées :
Alpha, médecin hospitalier guinéen de Dax arrivé il y a 12 ans environ, a partagé son engagement pour soutenir ses jeunes compatriotes confrontés au même parcours de reconnaissance.
Cinq jeunes MNA étaient également présents avec leurs éducatrices, et l’un d’eux a pris la parole avec courage.
Le débat a permis d’aborder des questions juridiques cruciales, comme la réalité des OQTF (liées à 90 % à des raisons administratives et non à de la délinquance), l’inquiétude face aux propositions de circulaires et lois qui précariseraient ces parcours humains.
Face à ces enjeux, la nécessité de fédérer nos énergies s’est imposée par la création d’un collectif d’associations chrétiennes et laïques, dont la Pastorale des migrants, qui œuvrent dans les Landes : le CLRDF (Collectif landais pour le respect des droits fondamentaux), présenté par Roland, président de la LDH.
La soirée s’est conclue autour d’un pot de l’amitié joyeux qui a permis de prolonger les échanges et de sceller des promesses d’action future.
3. Ciné-discussion à Aire-sur-Adour
À Aire-sur-Adour, ville d’implantation d’un CADA et d’une association d’aide aux réfugiés, 73 personnes ont répondu à l’appel de Dominique Julmann, le local de notre équipe.
Après la projection du film, la parole s’est libérée. Des réfugiés originaires de Bolivie, du Venezuela, d’Afghanistan, du Soudan et d’Irak, ont témoigné sur leur parcours pour rejoindre notre pays et s’implanter dans notre département.
Témoignages saisissants de vérité avec pour certains une arrivée rapide sur notre territoire mais pour d’autres un long cheminement rempli d’épreuves, telle cette traversée de la Lybie avec six mois de détention en prison et blessures par balle.
Si tous ont souligné la qualité de l’accueil reçu dans les Landes, les associations constatent néanmoins une précarisation croissante des nouveaux arrivants.
Dans la lignée de l’enseignement du pape Léon XIV, nous avons redit que notre foi chrétienne nous oblige à rester vigilants, actifs et fraternels.
En conclusion
Ce qui m’a le plus touché durant ce week-end, c’est de voir ces histoires prendre chair dans des visages, des sourires et de vraies rencontres. Elles m’appellent plus que jamais à la joie du Christ, présent en chacun de nous, sans aucune frontière.
Claude Desbordes
À l’initiative du Collectif landais pour le respect des droits fondamentaux qui englobe la Pastorale des migrants, ce fut un moment d’ouverture à cette condition d’hommes et de femmes souvent mineurs qui sont obligés de quitter leur pays.
Claude et Patrice Desbordes ont animé les discussions avec la salle de manière très constructive, amenant à poser un regard positif, voire assez admiratif sur ces parcours difficiles.
La présence à DAX d’un ancien migrant ayant fait ses études dans les Landes et qui est aujourd’hui chef d’entreprise (accompagné de plusieurs de ses salariés également issus de l’imigration) était un plus.
Bertrand Forcade
Réécouter les témoignages du week-end et la messe du dimanche 4 octobre grâce à Parol@dour